 Niger : Moussa Kaka recouvre sa liberté après 13 mois de détention
APA-Niamey (Niger) La cour d’appel de Niamey a accordé mardi la liberté provisoire au journaliste Moussa Kaka, écroué depuis le 20 septembre 2007 pour de présumés liens avec les rebelles du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), a constaté APA.
M. Kaka, également correspondant à Niamey de RFI, est sorti de prison sous les regards de plusieurs de ses confrères et membres de sa famille, mais s’est abstenu de toute déclaration à la presse, s’engouffrant dans son véhicule.
Le journaliste a été inculpé d’atteinte à la sécurité de l’Etat, mais selon l’un de ses avocats, Me Boureima Fodi, les faits ont été « requalifiés d’atteinte à l’intégrité du territoire national par entente avec les éléments du MNJ ».
« Si M .Kaka n’est pas détenu pour d’autres causes, la cour d’appel a accordé d’office la liberté provisoire en renvoyant l’affaire devant le tribunal correctionnel de Niamey » a précisé l’avocat.
La libération de M.Kaka constitue « une victoire pour les organisations de la presse internationale et nationale qui n’ont eu de cesse de clamer l’innocence de notre confrère », a indiqué à APA Gado Oumarou, un des responsables du Syndicat national des travailleurs de la presse (SYNATIC).
Vendredi dernier, l’un des avocats du journaliste, Me Moussa Coulibaly, indiquait à la presse qu’il y avait « bon espoir » que la liberté soit accordée à M. Kaka, invitant l’Etat du Niger à garantir sa sécurité.
Le procureur général de Niamey a demandé en mi-septembre, la requalification de l’infraction pour M. Kaka, également correspondant de RFI à Niamey, pour atteinte à la défense nationale au lieu du crime de complot contre la sûreté de l’Etat.
La requalification des faits demandée par le parquet général « est en soi une avancée », a dit Me Coulibaly, précisant que les faits reprochés au journaliste « ne sont plus du domaine de crime mais de celui de délit ».
Ce délit, a-t-il ajouté, ne peut être constitué pour « la simple raison que le texte visé par le procureur général dit que pour que cette infraction soit constituée, il eut fallu que nous soyons en guerre ».
M.Kaka, par ailleurs directeur de la radio privée « Saraounia » à Niamey, avait bénéficié en fin juillet dernier d’un non-lieu pour son inculpation liée à des rapports présumés avec les rebelles du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), actifs dans le nord du pays.
Quelques jours après, le Président directeur général de RFI, Alain de Pouzilhac, se rendait à Niamey où il a demandé la clémence du président Mamadou Tandja dans l’affaire du journaliste.
DS/od/APA
07-10-2008
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