C’est l’une des figures emblématiques du sport N°1 au Niger qui vient de disparaître. Ali Ali, lutteur incontesté tant dans sa région de Zinder que sur le plan national, est mort tragiquement le lundi 30 janvier dernier, de suite d’un accident de la route. Il a été percuté par un véhicule de transport en commun lors d’un carambolage, alors qu’il se rendit dans son village natal de Yaouri sur sa moto aux alentours de 7h 30 du matin. Ali Ali est décédé sur place. Considéré comme le dauphin inégalé de Balla Harouna dans l’équipe régionale de Zinder, sa disparition laisse un vide, à quelques semaines du championnat national de lutte traditionnelle prévu cette année à Diffa.
Né vers 1974 à Yaouri, dans le département de Matamèye (région de Zinder), Ali Ali fût dès son jeune âge comme une sacrée terreur. Possédant une force physique et une technique de pied inégalée, il fut très vite repéré par les chasseurs des lutteurs de la région car, il renferme toutes les qualités intrinsèques pour faire de lui un « cham-pion ». Il fréquenta l’école primaire de Yaouri entre 1981 et 87.
Il obtint son 1er diplôme de la vie, le CFEPD, avant d’être orienter au CEG1 de Matamèye où il ne passa qu’une seule année scolaire dans sa classe de 6e B. Emporté par les prouesses de ses idoles tels Chaïbo Maty, Chabarou Ali, Langa-Langa, Oumarou Goundo, Mamane Dawèye, il quitta les bancs de l’école à l’âge de 14 ans.
Depuis lors, en dehors des travaux champêtres, Ali Ali n’a connu aucune autre activité. Il découvre la lutte d’abord à Yaouri, puis à Matamèye où très vite, il s’imposa. C’est en 1996 que Ali Ali participa à son 1er championnat national de lutte traditionnelle (20e édition) à Agadez. Une participation réussie pour lui, car c’est le championnat à l’issue duquel son père spirituel Balla Harouna remporta son 1er sabre national après plus de 2h d’une finale âpre face à Nouhou Moumouni de Dosso. En 1998 au championnat de Tahoua, ce fut la consécration pour ce jeune loup aux dents longues mais très vite interrompu dans sa lancée d’abord par Nouhou Moumouni dans la rencontre Zinder-Dosso puis Mahamadou Idi dit Commando (Zinder-Tahoua). En 1999 à Dosso, il parvint finalement à franchir la barre du 2e tour, mais éliminé à l’issue d’un combat titanesque face au bulldozer de l’Ader, feu Hassane Adamou en ¼ de finale. Lutteur complet, technique et très lucide dans le corps à corps, la « terreur » du Damagaram parvint finalement à se faire une place au soleil en 2003 à Maradi. C’est l’année de Ali Ali. Il fut d’ailleurs sacré à l’unanimité révé-lation de ce championnat. A lui seul, il mit en déroute l’équipe de Tahoua en terrassant tour à tour les grands espoirs de cette région pour le sabre (Hassane Adamou puis Harouna Abdou en ¼ de finale) par une action dont lui seul dé-tient le secret : l’esquive. En ½ finale il mordit le sable face à Ibrahim Tchiama de Diffa, avant de se repositionner 3è lors de la petite finale aux dépens de Issa Dan Gawaro de Maradi. Le sabre fut remporté cette année-là et pour la 2e fois par Balla Harouna. Vainqueur du trophée de l’Am-bassade de France mis en jeu à l’occasion du 14 juillet aux dépens de Badamassi Alassane, Ali Ali fut plusieurs fois sélectionné en équipe nationale. Sa dernière sélection en date, c’est celle des 5e Jeux de la Francophonie décembre 2005), où il n’a pu combattre en raison d’une blessure au genou droit. Ali Ali dis-paraît à l’âge de 32 ans laissant derrière lui une veuve et quatre orphelins.
Yannick Ousmane Keïta
Source: Le republicain
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