Au Niger, le secteur tertiaire n'est
pas assez développé. Il se résume
aux quelques banques et sociétés
minières installées dans certaines localit
és du pays. Si pour la plupart des
anciens cadres qui travaillent dans
ce secteur, le recrutement s'est dé-
roulé sur la base des compétences
intrinsèques qu'ils possèdent, pour
les « jeunes recrues », les critères
de recrutement tournent autour de
l'appartenance familiale et de l'interventionnisme
des « gros bonnets ».
Longtemps resté dans une parfaite
léthargie, le secteur tertiaire nigérien
est en train d'évoluer avec l'installation
des filiales de certaines banques
régionales et internationales et des
institutions financières associatives
et privées, un peu partout dans nos
villes et campagnes. Ce regain d'activit
és a fin par créer un intérêt particulier
chez les populations nigériennes,
qui, de plus en plus sollicitent
les services de ces institutions financi
ères. Mais, là où le bât blesse, c'est
que les princes qui nous gouvernent,
foulent aux pieds, le socle même de
la réussite d'une entreprise qui se
résume à la performance et la perspicacit
é des agents qui travaillent
dans ces institutions prisées. Un tour
dans les locaux de deux nouvelles
banques qui viennent démarrer leurs
activités à Niamey édifiera certainement
le visiteur. En effet à la Banque
régionale de solidarité (BRS), une
institution de l'Union économique et
monétaire Ouest africaine (UEMOA)
et à la Banque atlantique ils sont nombreux (les enfants des princes
qui nous gouvernent) qui trônent
dans les bureaux de ces institutions.
Certes, nul ne peut en vouloir à un
fils à papa qui trime dur pour décrocher
son diplôme. Loin aussi, l'idée
de les empêcher de chercher travail,
partout où ils veulent, comme
tous les autres fils du pays. Mais,
de là, à croire qu'ils sont les seuls
qualifiés aptes à envahir les différentes
banques locales, il y a de quoi
grincer les dents et s'interroger sur
la justesse de leur recrutement. Un
recrutement purement clandestin et
sur ordre de leurs papa. Car, aucun
avis d'appel d'offre de travail ne justifie
leur recrutement. Et même si
l'avis existe, aucun concours de recrutement
ne peut justifier leur embauche.
Si oui, le défi est lancé pour
brandir toutes les archives et les justificatifs
aux autres enfants des pauvres,
diplômés sans emploi, qui passent
des journées entières aux portes
de l’ANPE (Agence nationale
pour la promotion de l'emploi). Mais
attention, pour la BRS, le Niger a une
obligation de résultat car, on ne peut
pas abriter le siège d'une institution
régionale et faire une production mé-
diocre. Surtout lorsqu'on sait que le
premier responsable de cette banque
régionale est encore un nigérien,
on doit se forcer de travailler dur
pour ne pas trahir la confiance que
les sept (7) autres Etats de l'UEMOA
ont délibérément placé à notre pays.
Habibou Abdou
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